Après 3 ans et demi de Droit, je dois faire un constat : l'instinct du juriste reprend
systématiquement le dessus.
Le Juriste, avec un grand J, est un
personnage complexe. Il ne s'en laisse pas facilement conter. En effet, les propos de vulgarisation du Droit tenus par des journalistes ne le leurrent pas. Preuve en est, les crises de nerfs qu'il peut piquer, lorsqu'il regarde le journal de 20h après une dure journée de labeur.
Morceaux choisis :
" Bruxelles ?! Ca veut dire quoi
Bruxelles ? Ca veut rien dire Bruxelles ! C'est le
Conseil des Ministres. Ca existe pas Bruxelles. Bruxelles, c'est une capitale, pas une institution... Blablabla"
" La CEDH a condamné un pays membre de l'
Union Européenne ? Nan mais je rêve...! La CEDH a condamné un pays membre du
Conseil de l'Europe. C'est pas pareil... L'Union Européenne, c'est Blablabla alors que le Conseil de l'Europe c'est Blablabla. Ils n'ont pas le même champ d'action. Et tous les pays du Conseil de l'Europe ne font pas partie de l'Union européenne et blablabla."
( Et les personnes à table
d'insulter, de maudire le journaliste car ils vont avoir droit à un cours d'institutions européennes de 3 heures sur la délicate distinction entre la Convention Européenne des Droits de l'Homme, la Charte des Droits fondamentaux de l'Union Européenne, et le Traité de Nice... ) Une chose est à remarquer :
le juriste aime s'écouter... (en même temps, il a tellement galéré pour comprendre cette subtile distinction qu'il est désormais fier de pouvoir l'expliquer en long, en large, et en travers... ) :-D
Le Juriste ne mélange pas "les genres". Il a deux catégories de relations : les
Juristes, d'une part et les
Non-Juristes d'autre part. Et il veille à ce que chacun des deux
camps adverses, catégories ne se rencontrent pas, de manière à ne pas créer
d'émeutes, de quipropos. ;-)
Le Juriste n'imagine
pas une vie sans Droit. Il voit le Droit partout :
- en achetant sa baguette de pain (c'est un contrat de vente),
- en s'inscrivant sur un site internet (il lit la tartine de conditions générales),
- dans un bar (il vérifie que la licence de débit de boissons est bien en évidence),
- en lisant le journal local (il consulte nonchalamment les appels d'offres)
- il assiste aux réunions du Conseil Municipal de sa ville ( pensez à consulter un spécialiste si c'est votre cas. J'ai rendez-vous lundi ;-) )
- ...
Pourquoi je parlais d'instinct ? Parce que le juriste est un prédateur. Il traque sans relâche le mauvais usage de termes juridiques, il pourchasse les erreurs dans les contrats de téléphonie mobile,...
Bref, le juriste est
une espèce à part. Et si c'est vraiment votre cas, vous rectifierez ma phrase :
Non, le juriste est une espèce
Sui Generis. ( ça sonne quand même mieux...)
Très bien vu ce petit billet :-)