Présentation

Sondage

Me contacter ?

Vous souhaitez me contacter ?

Voici mon adresse  : mistaattaqueatgmail.com
(remplacez le at par @)
Jeudi 24 mai 2007
De retour pour "philosopher" sur un sujet des plus sérieux : la politique. J'aimerais combattre une idée reçue, celle qui concerne les jeunes et leur non engagement en politique. Partout, on entend dire que les jeunes ne se sentent pas concernés par la politique intérieure, qu'ils estiment que le système actuel est corrompu, bla bla bla bla...
Cependant, j'ai pu constater durant ces mois de campagne que le sujet des présidentielles revenait souvent dans les discussions estudiantines. Chacun exposait son point de vue et ce que j'ai trouvé remarquable, c'est que même si nous n'avions pas les mêmes points de vue, on cherchait à les exprimer clairement, à se faire comprendre, sans pour autant faire de prosélytisme, et tout en étant capables de respecter les croyances des autres et leur engagement.

Autour de moi, j'ai pu constater que certains jeunes s'étaient inscrits dans des partis politiques, ils souhaitent réellement apporter quelque chose, apporter leur pierre à l'édifice et je trouve cela louable. Moi-même je songe de plus en plus à adhérer à un parti politique, j'en parlais encore hier avec une amie (qui n'est pas de la même sensibilité politique que moi) et qui me disait de foncer.
Durant ces élections, j'ai pu constater que pour de nombreux jeunes, participer à ce vote était un point d'honneur. C'est simple, je ne connais aucune personne de mon entourage qui ne sois pas allé voter ces 2 dimanches d'élections.

Je me pose alors une question, le milieu étudiant se sent-il plus concerné que le milieu des jeunes qui ont arrêté leurs études? Rien n'est moins sûr. En effet, ayant gardé quelques contacts avec des anciens camarades de lycée qui ont stoppé leurs études après le bac, ils m'ont conforté dans l'idée que les jeunes, contrairement à ce qui est couramment exprimé, se sentent concernés par la politique et mesurent les enjeux qu'une telle élection peut rêvetir.

Toutefois, je constate également que beaucoup de jeunes réagissent aux seules propositions qui les concernent directement, notamment les études, l'entrée sur le marché du travail, le chômage,... mais réagissent encore trop peu sur les autres problèmes de société comme le financement des retraites, la couverture maladie qu'ils considèrent comme des problèmes encore lointains pour eux...
De plus, on ne peut nier que les jeunes sont souvent impulsifs dans leur engagement politique. C'est tout le charme de la jeunesse !

Mais en définitive, la contribution des jeunes à la politique me parait être un élément primordial, indispensable, dont on ne peut se passer dans un système démocratique comme le notre...
C'est donc pour cela que je vous invite, vous lecteurs jeunes et moins jeunes :-), à voter massivement  ces dimanches 10 et 17 juin pour les législatives. Un geste citoyen, un geste civique qui, soyez-en assurés, sera déterminant, utile et respectueux de notre bonne vieille république.
par Charlotte publié dans : mistaattaque
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 21 mai 2007

De retour après quasiment un mois d'absence. La raison? Révisions intensives autour du droit de la fonction publique, du droit communautaire, du Droit de la consommation (beurk ! ) et du droit des sociétés (re beurk) entre autres...

Ca y est le cauchemar est terminé. Les examens sont passés et place maintenant à l'angoisse des résultats. Ma philosophie? Toujours stresser même quand c'est terminé... C'est vrai...c'est idiot ! Mais que voulez-vous, je suis une idiote! Une charmante idiote !

Et si je n'avais pas su expliquer correctement ma pensée? Et si ma prestation orale était mauvaise? Est-ce que je n'ai pas fait de hors sujet? Est-ce que j'ai bien compris ce qu'on me demandait?

En réalité, pour la charmante idiote que je suis, les examens sont vraiment terminés quand les résultats sont proclamés. Jusque-là je vais végéter, errer dans les couloirs de ma maison et à chaque repas, le sujet des examens revient sur le tapis, au grand dam de mes parents : "tu ne peux pas parler d'autre-chose?" "C'est passé maintenant !"

Et là grande introspection... Pourquoi suis-je aussi angoissée? Pourquoi suis-je toujours aussi exigeante? Je n'en ai jamais assez ! Je veux toujours de meilleures notes, toujours faire mieux. Ne dit-on pas que le mieux est l'ennemi du bien? Certes, ce désir d'avoir de meilleurs résultats me stimule mais il me "bouffe" aussi... Crises d'angoisse, panique, stress intense font quasiment partie de mon quotidien. Jamais je n'ai confiance en moi. C'est handicapant.

M'enfin, on ne se refait pas ! (ça c'est un moyen de mettre un mouchoir sur ce que je viens de dire et de se complaire dans cet état d'angoisse... Vous pouvez me traiter de poltronne...et je vous donnerais raison ! )

Allez, courage Charlotte... Plus que 10 jours et tu sauras à quoi t'en tenir !

Et si c'était vrai? Et si ce merveilleux rêve que j'ai fait la nuit dernière se réalisait? Une Licence?

Ahlala je suis franchement incorrigible ! :-)

par Charlotte publié dans : mistaattaque
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 29 avril 2007
Je voudrais témoigner d'un phénomène particulier touchant essentiellement la population relativement restreinte, mais puissante, des étudiants stressés : le cauchemar juridique.
Ne vous ait-il jamais arrivé de vous réveiller en pleine nuit, haletant, le souffle court, veille d'examen : "Le principe de l'application de la loi pénale dans le temps? C'est quoi déjà?"
Eh bien moi si !

Voici un temoignage secret :-) que j'ai pu recueillir :

L'étudiant stressé est nerveux, les veilles de partiels, il ne peut s'empêcher de réviser l'intégralité du programme du cours. Vous pourrez parfois l'observer, déambulant dans ce qu'il appelle encore "sa chambre" dans laquelle trônent, sur le lit défait, 2 ou 3 codes éparpillés. Sur le bureau, une tasse de café vide, des fiches de cours, un emballage de tablette de chocolat, LE stylo fétiche et bien d'autres curiosités estudiantines tentent une difficile cohabitation, le chocolat ayant taché le bord des fiches de cours... L'étudiant déambulant, disais-je, vocifère parfois :  "Où est-ce que j'ai mis mon plan détaillé ?" Parfois même, il craque... mais je n'en révélerais pas plus, par égard pour sa nature pudique...

L'étudiant stressé est tyrannique. Ingérable, il mène la vie dure à ses proches. A la moindre occasion, il n'hésite pas à s'en prendre à eux. Véritable monstre sanguinaire, il dévaste tout sur son passage. Il a perdu toute humanité, du moins jusqu'à la fin des partiels.

L'étudiant stressé, enfin,  est somnambule. Il se réveille, à deux heures du matin, la main sur la poignée de porte, dégoulinant de transpiration, avec une furieuse envie pressante ( les litres de café ingurgités la veille commençant à agir sur son organisme ) et se répétant inlassablement les critères de l'enrichissement sans cause.

L'étudiant stressé ne dort pas : il somnole. Son cerveau n'a aucun répit. En période d'intense réflexion scientifique pour cause de rapport de recherche, l'étudiant stressé prévoyant attrape la feuille de papier et le stylo qu'il avait soigneusement placés à côté du lit pour y inscrire l'idée de l'année. Oui l'étudiant stressé réfléchit, même quand il n'est pas censé le faire...

Toute ressemblance avec des faits réels et des personnages existants ou ayant existé est volontaire et dépendante de la volonté de son auteur... :-)
par Charlotte publié dans : mistaattaque
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Mercredi 18 avril 2007

Les dix commandements d'un étudiant sérieux d'une faculté de Droit

TU NE DORMIRAS POINT

DE VIE SOCIALE TU N'AURAS

DES PLATS PREPARES TU INGURGITERAS

DES RESERVES DE PAPIERS TU FERAS

DES HEURES DE TRAVAIL TU ACCOMPLIRAS

DES BIBLIOTHEQUES UNIVERSITAIRES TU VISITERAS

DES CRISES DE NERF TU PRENDRAS

DES COUPS DE CAFARD TU AURAS

DES QUESTIONS HAUTEMENT JURIDIQUES TU TE POSERAS

10° LA JOIE DE TA REUSSITE TU PARTAGERAS

 

Je mets ma main à couper que beaucoup de mes lecteurs se reconnaîtront dans ces quleques lignes... Ah... avoir 20 ans et être étudiant ! :-)

PS : merci Catherine pour ces deux premiers commandements !

par Charlotte publié dans : mistaattaque
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Dimanche 15 avril 2007

Ah le mois d'avril : ses partiels de TD, ses étudiants agités, ses belles journées à travailler à la bibliothèque (que ce soit celle de Vauban ou celle de médecine), ses révisions, ses cures de vitamines pour "tenir le coup", ses coups de téléphone angoissés à 11h du soir (t'as fini le TD?),...

Ce phénomène particulier? L'ivresse des études... La fin des cours approche et comme vous pouvez le constater, elle est plutôt mouvementée...!!!!

C'est également le moment des sempiternelles questions : tu fais quoi l'an prochain? Tu restes sur Nîmes? Tu vas faire un DU l'an prochain?

Justement parlons-en des DU...Mr Darmaisin a posé une question en ligne sur son site : Quel DU aimeriez vous voir ouvrir l'an prochain dans votre faculté?

Boulimique de connaissances, curieuse et touche à tout, je suis dans l'embarras : il me faut faire un cruel choix : le DU droit et santé de Montpellier, le DU droit appliqué aux affaires civilo-militaires de Montpellier, le DU d'Anthropologie d'Avignon, le DU sciences criminelles de Nîmes (au conditionnel) ? Les 4 à la fois? Aucun? :-)

Bien sur il va bien falloir que je me décide. En étudiante réfléchie, j'ai donc établi une liste de critère à prendre en compte  : ( j'établis des listes pour tout, il paraît que cela signifie quelque chose : un besoin de tout contrôler mam'zelle? :-) )

-le cout de l'inscription ( étudiante boursière, prudente et diligente ! )

-la proximité

-les facilités de communication

-la passion de la matière enseignée

Et là, oh surprise, je n'arrive toujours pas à me décider. Le mieux serait donc de posséder une machine à remonter le temps pour pouvoir assister à tous les cours... Malheureusement, j'ai quelques difficultés à m'en procurer une, je vais donc devoir faire un choix....

Un tirage au sort? Pile ou face? Une cocotte?

 

par Charlotte publié dans : mistaattaque
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mercredi 11 avril 2007

Me revoilà en cette fin de journée pour vous raconter une expérience qui me tient à coeur, mon stage au tribunal administratif de Nîmes.

Tout d'abord, ce stage a conforté ma vocation... le Droit Public c'est vraiment fait pour moi !

Commençons donc par le commencement : le premier jour !

Ce premier jour, quelle appréhension... La veille au soir, j'étais anxieuse et nerveuse (mes proches iront même jusqu'à dire "névrosée" mais passons... :-) ) Lundi matin, 9h moins le quart, je pousse la porte du tribunal et me présente à l'accueil "Bonjour, je m'appelle X et c'est mon premier jour de stage ici. J'ai rendez-vous avec Untel" La secrétaire, ressentant probablement ma nervosité, me sourit et appelle mon correspondant. Deux minutes et 4 prospectus plus tard, je suis prise en main et on me fait visiter la partie cachée de l'iceberg, les bureaux des magistrats et des greffiers...! Le Président du TA, Mr Panazza, me présente l'ensemble du personnel, je serre des mains, tente de mettre des noms sur tous ces visages (plutôt sur toutes ces mains ! ), je souris, je réponds à toutes les questions. Les gens que je croise sont étonnés. "Une semaine de stage c'est un peu court ?" ; "3ème année de Droit? 20 ans? Vous êtes bien jeune !" ; "3ème année? Vous êtes en maîtrise? "

Au passage, les magistrats en profitent pour me "cuisiner" sur le système LMD. Non sans humour, ils m'avouent qu'ils ont quitté l'université il y a de nombreuses années et ne savent plus les équivalences de diplômes. Amusée, je leur explique le nouveau système, ses inconvénients, ses avantages,... J'en profite également pour leur poser toutes mes questions.

Puis j'assiste à différentes audiences : reconduite à la frontière, référé,...Vers 14h, j'assiste à la dernière audience de la journée, une association demande en référé la suspension d'un permis de construire. Les débats sont vivants. L'avantage d'une audience en référé, c'est l'oralité des débats.

Vers 15h, je rejoints la salle des "stagiaires" où 4 autres personnes effectuent leur stage : 2 élèves en école d'avocats, 2 autres en M2 Droit Public sur Nimes.

Le Président du Tribunal Administratif me confie un dossier en urbanisme, je dois rédiger avant la fin de la semaine un projet de jugement et une note de jugement.

J'ai, tout un coup, entre mes mains, une énorme responsabilité. Je suis survoltée !

Le reste de la semaine passe comme un rien. J'assiste à des audiences de fond ; des affaires relatives à du contentieux fiscal, de la responsabilité hospitalière, du droit de l'urbanisme, de la responsabilité de travaux publics,...

L'audience que j'ai trouvé la plus intéressante est la dernière à laquelle j'ai pu assister (un peu de nostalgie peut-être), un référé (pour changer !) qui avait pour objet une demande de suspension d'un permis de construire d'un hopital psychiatrique. Les débats ont duré plus d'une heure et demie ; les avocats se renvoyaient la balle sans cesse. J'ai pu mesurer tous les enjeux de cette affaire. Les vices internes et externes de l'acte étaient soulevés, j'ai pu ainsi réviser mon droit administratif général et mon contentieux administratif. En prime, j'ai pu avoir une discussion privilégiée avec le président du TA sur cette affaire. Il m'a confié ses impressions sur les débats de la matinée, il m'a expliqué sur quels critères il allait fonder sa décision. J'ai pu comprendre toutes les difficultés de son métier.

En fin de journée, j'ai malheureusement du me résoudre à quitter ce lieu qui m'était désormais devenu familier. Un petit pincement au coeur en poussant une dernière fois la porte d'entrée avant de rejoindre l'air libre....

Mais avant tout, ce stage m'a conforté dans ma voie. Je suis plus déterminée que jamais à devenir assistante de justice après mon M1 Droit Public. Alors je vais rapidement rejoindre mon code général de la fonction publique et vous abandonner à vos réflexions chers internautes.

A très bientôt pour de nouvelles aventures juridiques... !

 

par Charlotte publié dans : mistaattaque
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Dimanche 8 avril 2007

Bonjour à tous,

Tiens que se cache t'il sous ce titre d'article aujourd'hui ?

Juste l'envie de me "moquer" de certains préjugés en racontant une expérience que je vis au quotidien depuis désormais 3 ans... Alors que j'étais encore en Terminale Littéraire, je me posais tout un tas de questions sur mon orientation et c'est tout naturellement que j'ai poussé la porte d'un CIO, un centre d'information et d'orientation afin que l'on m'éclaire sur mes perspectives d'avenir... Très vite, une personne pas très aimable m'a demandé de me présenter. Je lui ai énuméré mon parcours, mes envies, mes attentes et lui ai posé mes questions. Un bon point pour moi, je savais déjà ce que je ne voulais pas faire... J'avais déjà éliminé certaines filières. Mais j'étais encore indécise sur les études supérieures que je souhaitais poursuivre.

J'ai donc demandé à cette personne en quoi consistait des études en Droit, les débouchés possibles et bien sur, préservant ma réputation d'élève anxieuse, je lui ai également demandé quel était le taux de réussite dans une telle filière, histoire de savoir à quoi m'attendre.

La personne m'a tout de suite rétorqué qu'avec un baccalauréat littéraire, mes chances de  réussite étaient nulles ( pas quasi nulles, non, non ! NULLES ! ) Que fait-on de la motivation des jeunes? On la jette au feu au vu des statistiques? Heureusement que je n'ai pas écouté cette personne et que j'ai foncé à l'assaut de la pyramide juridique ! Je peux quand même être fière de mon parcours, en tant qu'ancienne bachelière littéraire, j'ai obtenu tous mes semestres en première session avec mention et sans jamais redoubler.

Les préjugés ont la vie dure, surtout en Droit... On me répète souvent que c'est un miracle que je sois en 3ème année de Droit avec un baccalauréat littéraire...et ça m'irrite, ça m'agace, ça m'énerve,... Je crois en le potentiel des gens, en leur volonté de réussir, je crois en l'humain tout simplement...indépendamment du milieu socio-culturel dont il est issu, indépendamment du parcours scolaire qu'il a choisi... Il faut arrêter de vouloir brider les gens et de les faire entrer dans des cases stériles et pré-machées... Chacun est différent. Alors un conseil à tous ceux qui souhaitent suivre ou poursuivre des études dans quelque filière que ce soit, ne jamais perdre de vue que c'est vous qui êtes "le maître de votre destin", pour reprendre le titre d'un roman... Avec de la pugnacité, de la volonté et de l'audace, on peut parvenir à son but... C'est la leçon du jour...

Désolée pour l'aspect moralisateur de cet article, je promets d'être plus "mordante" au prochain ! :-)

par Charlotte publié dans : mistaattaque
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Mercredi 28 mars 2007

Me revoilà après quelques jours d'absence sur le net : beaucoup de travail entre les cours à la faculté, les préparations de TD et mes stages.

Eh oui, je ne fais jamais rien comme les autres : au lieu de faire un stage, j'en fais deux !

Il y a quelques semaines, je "galérais" pour obtenir un stage. Les refus s'accumulaient. Les juristes sont souvent coupables de népotisme, ils refusent les stagiaires s'ils ne sont pas "recommandés". J'étais complètement désespérée... Puis le miracle s'est produit la semaine dernière : un premier stage aux services des festivités techniques de la Mairie de Nîmes.

Puis second miracle : un stage au tribunal administratif (à force de persuasion) que j'effectuerais pendant ma semaine de "vacances". Tant pis pour les vacances, un tel stage ne se refuse pas !

Enfoncer des portes, tel est le conseil du jour...

par Charlotte publié dans : mistaattaque
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 3 mars 2007

Me revoilà en ce samedi brumeux pour faire part de mes impressions sur la finale du concours de plaidoirie qui s'est déroulée jeudi 1er mars à la Cour d'assises de Nîmes.

Tout dabord, j'arrive aux alentours de 8h30 et là je croise une candidate, aussi stressée que moi, si ce n'est plus. On discute, on s'échange nos points de vue, nos angoisses ("Non je ne veux pas passer en premier !" ; "Tu crois que tu peux tenir 3O minutes en plaidant?") Une seconde candidate arrive, nous rejoint dans notre conversation oh combien détendue !

8h50, un petit tour au pipi room, le rendez-vous des candidats semble t'il ! On se réconforte, j'essaye de faire un peu d'humour : "Quelqu'un a t'il pensé à prendre une pelle pour creuser notre trou?" Demi-sourires ! L'ambiance n'est pas vraiment sereine...

On nous fait entrer dans la Cour d'Assises et là...le CHOC ! Une superbe salle en bois, on se sent tout petit. Intérieurement, je me demande ce que je fiche ici, je ne suis pas à ma place. On nous invite à prendre le petit déjeuner, les membres du jury commencent à arriver. Je ne peux rien avaler, juste un petit café. Un rayon de soleil : mes parents viennent de débarquer, la tension est palpable, ils sont presque plus impressionnés que moi !

Puis tout s'enchaîne très vite. On s'installe sur des bancs inconfortables, les spectateurs se mettent en place. Je sors mes notes, je prends le temps de les relire fébrilement, toutes les parties de mon corps tremblent. J'engage la conversation avec ma voisine. Quelques mots sont échangés...

Puis l'ordre de passage tombe : Mon adversaire et moi sommes les premiers... Tout ce que je craignais... Je ne peux plus reculer. Je me lève pour enfiler une robe d'avocat. Un moment solennel. Je me tourne vers le public, je cherche un regard amical. Mes jambes vascillent ! Mon adversaire me glisse quelques mots : "ça va bien se passer, ne t'en fais pas ! Ne te sous-estimes pas, tu es là et tu le mérites!" Fort de ses expériences précédentes, il sait de quoi il parle ! Cela me réconforte un peu.

Je m'installe dans le "box" ! Et mon adversaire débute sa plaidoirie. Je le trouve très bon, il est clair, concis, il sait ce qu'il fait,... Je commence à douter. Puis le moment est venu de plaider pour mon client. Je me lève et m'installe au prétoire, je ne regarde pas la salle, je ne regarde pas le public, je ne regarde pas mes parents, je fonçe. Je fais ce que j'ai à faire... Je suis dans l'arène. Mes tremblements cessent, mon trac a presque disparu. "J'y suis, j'y reste"

J'essaye de faire un peu d'humour, j'interpelle mon auditoire : "Qui oserez prétendre parmi vous qui'il préfère manger des légumes génétiquement modifiés plutot que des produits sains et naturels issus d'une agriculture biologique? Personne"

Premières esquisses de sourires sur quelques visages, cela m'encourage et je poursuis !

"Ce sont dans les vieilles marmites que l'on fait les meilleures soupes ! " Quelques éclats de rire dans la salle, je poursuis !

"Un principe énonce que "nul n'est censé ignorer la loi", mon client ne l'a pas ignoré, il l'a anticipé !" Là, quelques regards amusés se posent sur moi, je pourrais dire au moins que le jury ne s'est pas ennuyé pendant ma prestation !

Puis je termine ma plaidoirie par une boulette : "je demande la relaxe de mon client" ( ON NE DEMANDE PAS LA RELAXE DEVANT LA CEDH, MADEMOISELLE !)

La fin des haricots est proche... Les questions du jury fusent :

- "La biodiversité est-elle aujourd'hui, selon vous,un droit fondamental ?" (merci Mr Perruchot ! )

- "Pourquoi parler de principe de précaution dans votre plaidoirie, n'est-ce pas en contrariété avec la défense des intérêts de votre client?"( Merci Mr Sautel ! )

- "Peut-on désobéir à la loi injuste?" (Merci Mr Darmaisin ! ) On apprend ici une nouvelle devise de la République : Selon moi, on peut désobéir à la loi injuste dans un intérêt supérieur de liberté, d'égalité, de fraternité ou de biodiversité ! Le jury est amusé, je réponds aux questions avec aplomb, peut-être trop !

Mon adversaire, de son côté, se fait lui aussi cuisiner, on lui demande de parler de pêches géantes !

Puis le jury en a fini avec nous et le prochain cas fictif de violation des droits de l'Homme peut être plaidé... Des poids lourds débarquent au prétoire, des plaidoiries remarquables, des réponses pertinentes. Il est beaucoup plus agréable d'être spectateur qu'acteur ! Presque midi, on prononce la reprise du concours à 14h15. Je retrouve mes parents, les premières critiques fusent, les premiers louanges aussi. Le repas n'est qu'une vaste discussion sur ce que j'aurais du faire ou ne pas faire. Je me lamente sur mon sort. On me réconforte.

14h30, de nouveaux candidats viennent plaider leur cause devant ce jury si exigeant ! Des questions étranges émanent du jury : "Y a t'il un droit opposable au sexe?", "Le bissexuel peut-il demander à changer, à sa guise, de sexe à l'état civil?" Les candidats, loin de se démotiver, répondent avec conviction, on a l'impression qu'ils sont parfaitement à l'aise. Pourtant, pour en être passé par là, je sais qu'il n'en est rien !

Deux nouveaux candidats se présentent, l'un d'entre eux n'est pas juriste mais ingénieur, sa prestation est remarquable. Là aussi les questions les plus déstabilisantes du jury sont "expédiées" par les candidats : "Où se situe la frontière entre religion et secte?" La candidate, loin de se sentir menacée, répond habilement, elle maîtrise le sujet : "Une liste de sectes est dressée par l'Assemblée Nationale, et le mouvement que je défends n'en fait pas partie..." Bluffant !

Puis la journée se termine, le jury se retire pour délibérer et je vais noyer mon chagrin dans un café noir.

Rendez-vous à 18h30 à la mairie est fixé. Tout le monde se rejoint devant l'Hotel de Ville. Les premiers pronostics sont lancés . Quelqu'un lance à un candidat près de moi : "Je te dis que c'est toi qui va gagner !". "Mais non, tu dis n'importe quoi".

L'attente commence à devenir pesante, je parle d'autre chose, je m'éparpille...

Puis le moment est venu de déclarer le vainqueur du concours. Les résultats tombent, je finis 4ème ex aequo avec 3 autres personnes. La note de 12/20 nous a été attribuée. Mon adversaire est déçu, cela me fait un peu de peine. Moi je garde le sourire aux lèvres et plaisante un peu. Je suis ravie de cette journée. Cette expérience est inédite et passionnante. Le Président de la Cour d'Assises nous rend un magnifique hommage. Son discours me touche. Il est ravi d'avoir pu assister à une présentation de ces jeunes juristes bourrés de talents ! Quel discous ! Puis Mr Doria, biographe de Paul-Emile Goguillot, dont le concours de plaidoirie porte le nom, nous présente avec passion l'homme qu'il admire. Il nous expose par ci par là quelques anecdotes sur sa vie. Son discours est vivant et passionnant.

La remise des prix se fait tout en pudeur. Je regarde mes 3 camarades malchanceux et je m'aperçois que je suis la seule à bien encaisser le coup. Bien sûr je suis déçue, dire le contraire reviendrait à mentir...

Mais la consolation est vite trouvée. Tout d'abord, si je n'ai pas été parmi les 3 vainqueurs, c'est tout simplement que je ne le méritais pas ! Et puis, plaider à la Cour d'Assises, ce n'est pas rien !

Il y a un an, j'aurais été incapable de présenter un tel concours, aujourd'hui, non seulement je l'ai présenté mais je suis arrivée en finale et je suis restée moi-même, c'est à dire drôle et audacieuse. Et c'est de cela dont je suis le plus fière !

L'apéritif est annoncé. Je bois un verre vite fait. Des petits groupes se forment dans la salle. Je suis un peu à l'écart et j'observe. Le vainqueur de la dernière édition vient me consoler. "Vous devez absolument représenter le concours l'année prochaine, vous avez bien réagi aux questions du jury, il faut persévérer ! " Son regard est appuyé, plus que les mots, on sent du respect dans ce regard... C'est cela qui me décide à réitérer l'année prochaine l'exploit d'arriver en finale.

En bref, une journée chargée en émotions... Epuisée je m'eclipse sur la pointe des pieds, personne ne remarque mon absence, je me perds dans la nuit. Sur le trajet du retour, je suis songeuse. J'ai la sensation d'avoir participé à une expérience unique.... 

par Charlotte publié dans : mistaattaque
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 26 février 2007

En parcourant mon si précieux lexique des termes juridiques, j'ai eu une grande révélation aujourd'hui : Je sais que je ne sais rien !

Etonnant le nombre de termes juridiques qui me sont inconnus. Je vous propose donc un petit questionnaire :

Vous serez probablement surpris des résultats ! N'hésitez pas à me les communiquer !

1° Qu'est ce qu'une licitation?

a)Le fait de rendre licite un acte

b)la vente aux enchères d'un bien dans l'indivision

2° Qu'est ce qu'un mitage ?

a)l'invasion d'une zone protégée par un habitat dispersé et portant atteinte à l'environnement

b)la multiplication de témoignages de tiers sans intérêt pour un litige

3° Qu'est ce qu'un contrat pignoratif?

a) C'est un contrat qui exige pour sa formation la remise d'une chose

b)C'est un contrat par lequel le débiteur, en garantie de sa dette, remet à son créancier la possession d'un élément de son patrimoine.

4° Qu'est-ce qu'un heimatlos?

a) un apatride

b) Un héritier

5° Qu'est-ce qu'une hoirie?

a) une donation

b) Un mot ancien employé pour succession

Allez le test est terminé, j'espère que vous n'avez pas triché sur la copie du voisin ! Voici les résultats :

1° b) ; 2°a) ; 3°b) ; 4°a) ; 5°b)

par Charlotte publié dans : mistaattaque
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Qui est là ?

 

Il y a

actuellement 13104  personnes connectées à Over-Blog

dont  1  sur ce blog

Restez informés !

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus