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Mardi 29 avril 2008
Bien que le Juriste ait tendance à afficher une certaine serénnité dans l'accomplissement de son travail, il n'est pas infaillible. Comme tout le monde, il a ses craintes, ses angoisses. Il lui arrive de se réveiller la nuit, au beau milieu d'un cauchemar, le front trempé de sueur, les mains moites, et haletant. Oui, le Juriste est un homme comme les autres et oui, il a, lui aussi, des peurs primales. Oui, le juriste a, dans sa vie courante, des craintes dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom.
Cela nous amène donc à nous interroger sur un problème fondamental : De quoi peut avoir peur un juriste ?

D'une refonte du Code des Marchés publics. La perspective d'un nouveau, nouveau, nouveau Code des Marchés publics a rendu plus d'un juriste totalement cinglé. Dans certains cas, les plus graves, le Juriste se propose de participer à l'élaboration de ce Nouveau Code.

D'une suppression de Tribunal dans la ville où il exerce. Cette suppression peut amener le juriste, pourtant réputé guindé, à s'époumoner dans les rues de la capitale, badge "Touche pas à mon tribunal" accroché sur son veston, et brandissant une banderole assassine, pour tenter d'éviter une telle tragédie.

Du journal télévisé et de ses sempiternelles absurdités politico-juridiques ( "l'innocent présumé coupable" ; " faire appel devant le Tribunal administratif"; "l'arrêt du Conseil Constitutionnel"; ou "le Conseil européen des ministres de l'Union européenne" ) Certaines fois, le Juriste peut manifester des mouvements d'humeur à l'encontre du petit écran et accomplir un acte irrémédiable : couper le son.

De la perte de son Code Dalloz favori. Certains professionnels n'hésitent d'ailleurs pas à piquer celui de leurs collègues de travail en cas de détresse grave. En cas d'angoisse persistante, entraînant une perte de conscience ou une asphyxie inquiétante, appelez le 15.

Du manque d'actualisation du blog de Frédéric Rolin. Dans certains cas, cela peut se traduire par un mouvement de clics gauche, incessant et irréfreiné, sur la page d'accueil du blog de cet éminent juriste, entraînant par là même une explosion de ses statistiques de visites.

D'une panne du site Légifrance, la bible du parfait petit Juriste. Le dysfonctionnement du site, d'une durée supérieure à 15 minutes, peut motiver l'envoi de mails assassins ou désespérés de la part de Juristes complètement frustrés par la perte subite de leur outil de travail préféré.

Du retard de réception de sa revue juridique favorite. Certaines fois, cela peut conduire le Juriste à se précipiter à la Bibliothèque universitaire afin de compulser fièvreusement l'objet de sa convoitise. Et tant pis si, une fois rentré chez lui, le facteur est passé. Il la relira une seconde fois, table des matières, remerciements et informations de publication compris.

De la panne de machine à café de son lieu de travail. Dans certains cas, cela peut amener le Juriste à déserter son travail pour aller boire un petit noir au café d'en face. Les plus désespérés ne s'arrêteront pas à une seule unité. Par peur du manque, une fois revenu à leurs postes de travail, ils commandent une autre unité. "Allez, encore un petit café, et je file..."

Oui, le Juriste est un homme comme les autres.
Non il n'est pas obsessionnel et sa vie ne tourne pas qu'autour du droit. La preuve !
Par Charlotte - Publié dans : mistaattaque
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Vendredi 25 avril 2008
- Quel est le fruit préféré des Juristes?

L'avocat
(évidemment...)

- Quel est le livre de chevet d'un Juriste ?

Traité des délits et des peines de Beccaria pour les pénalistes, De l'esprit des lois pour les constitutionnalistes, Traité de l'Union Européenne pour les européannistes, ou encore Rapport annuel de la Cour des comptes pour les fiscalistes

- Quel est le jeu préféré d'un Juriste ?

Phoenix Wright sur Nintendo DS (un jeu dans lequel vous incarnez un avocat chargé de résoudre des affaires pour ceux qui ne connaissent pas...)

- Quel est l'événement mondain préféré des Juristes ?

Le gala de droit

- Quel est la boisson préférée des Juristes ?

Un "avocat flip", cocktail à base de jus de tomates, de sel de céleri, de jus de citron, d'oeufs, de sauce worcestershire, et... d'avocat !

- Quelle est la série télévisée préférée des Juristes ?

Ally Mc Beal

- Quel est le premier mot que prononce un juriste à sa naissance ?

"Objection"

- Quel est l'hymne patriotique des Juristes ?

" Qui a le droit ?" de Patrick Bruel

- Quel est le site internet favori des Juristes ?

Legifrance.gouv.fr

- Quelle est la devise du juriste ?

Juris praecepta sunt haec : honeste vivere, alterum non laedere, suum cuique tribuere.
(Les principes fondamentaux du droit sont les suivants : vivre honnêtement, ne pas faire de tort à autrui, donner à chacun ce qui lui revient.)

PS : Pardon.  ;-)

Par Charlotte - Publié dans : mistaattaque
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Lundi 21 avril 2008
Une fois n'est pas coutume, cet article s'adressera principalement aux jeunes étudiantes, celles qui sont quotidiennement harcelées par des après-midi de printemps, alors qu'elles essayaient seulement de réviser leurs examens. Individus de sexe masculin s'abstenir.

Mais commençons par le commencement. A quoi sert une bibliothèque universitaire ? La réponse semble évidente mais tout de même, Internet est mon meilleur ami et je tape donc "bibliothèque universitaire définition" sur mon moteur de recherche préféré. Wikipédia me répond avec célérité et efficacité : "Une bibliothèque universitaire (BU) est une bibliothèque rattachée à une université. Les documents et les services présents dans la bibliothèque universitaire peuvent ainsi servir à la double mission des universités, l'enseignement et la recherche."
Il confirme donc ma toute première impression : une bibliothèque c'est fait pour étudier !

Mais cette fonction éducative, de partage des informations, du savoir, des connaissances, fonction héritière de siècles d'Histoire, n'est pas du goût de tout le monde en réalité, et surtout pas de la gent masculine.

Tel un prédateur, le juriste mâle ère dans les rayonnages d'ouvrages, entre le droit administratif et le droit fiscal, entre le Code civil de Dalloz et le code pénal de Litec, et s'approche lentement de sa proie. Ca commence par une question banale : 'Tu étudies le droit?" ( et là, on ne peut s'empêcher de sourire et de penser "Non, non, je flâne juste dans le rayon droit, avec 4 bouquins de droit humanitaire sur les bras, juste pour le plaisir...")
Ou alors, le juriste mâle peut opter pour la technique de la chasse à courre, en groupe (en troupeau plutôt, voire en meute). Ils se dispersent alors aux 4 coins de la bibliothèque, recherchant la "perle rare", "l'élue juriste" (d'une nuit, ou pour la vie), la harcelant jusqu'à ce qu'elle craque, range poliment ses affaires pour aller bosser son commentaire de texte ailleurs.
Il y a ceux également qui, passent 15 fois devant vous en 3 minutes en espérant que vous releverez la tête ; ceux qui s'installent à votre table sans vergogne ; ceux enfin qui, de manière classique, demandent un stylo ou un correcteur blanc alors que vous pouvez voir dépasser de sa trousse au moins une quinzaine de stylos quasiment inutilisées (normal, à force de "courir la juriste", on ne prend pas trop le temps de travailler)


Alors moi je dis : Stop à la drague dans la bibliothèque universitaire !

Pour celles qui désireraient connaître les meilleures techniques pour éconduire leurs soupirants, je leur donnerais les conseils suivants :
- à ceux qui demandent pourquoi vous faîtes du droit, répondez-leur que le droit est la meilleure filière pour trouver un bon parti (sous entendu un bon mari). Fuite assurée. (Testé et approuvé par moi-même)
- à ceux qui s'installent à votre table, indiquez-leur que vous avez rendez-vous dans quelques minutes avec votre directeur de recherche pour discuter mémoire. Au passage profitez-en pour indiquer le nom du professeur fictif en question ( l'idéal : celui qui en impose et qui constitue la terreur des étudiants, leur inspirant des cauchemars épouvantables sur le fructus, l'usus ou l'abusus) Déguerpissage assuré...
- à ceux qui vous proposerez d'aller boire un café, acceptez en leur déclarant que vous devez juste terminer votre devoir avant d'y aller : "J'en ai pour 2-3h maximum". DIssuasion assurée.

J'espère, amies juriste et étudiantes sérieuses et motivées, que grâce à ces conseils, la bibliothèque universitaire redeviendra notre terrain d'études préféré ! Luttez ! N'abdiquez jamais, relevez la tête et battez-vous :


Pour une bibliothèque meilleure !
Par Charlotte - Publié dans : mistaattaque
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Lundi 14 avril 2008
Vous trouverez un nouveau petit module à droite intitulé "Documents partagés", destiné à partager mes différents écrits. Je l'inaugure cette semaine avec la diffusion de mon rapport de tutorat et du questionnaire que j'ai élaboré à cette occasion.
J'essayerais de l'alimenter régulièrement avec des devoirs type "dissertations" ou "commentaires de texte" rédigés par mes soins, ou d'autres types de rapports tels que rapport de stage ou mémoire.

Bonne semaine à tous !
Par Charlotte - Publié dans : mistaattaque
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Lundi 7 avril 2008
On m'avait dit que le chemin serait long et semé d'embuches... et pourtant...elle tourne (pas la Terre mais ma tête ! )

Premier jour d'immersion dans mon rapport de recherche... Bilan ? Positif ! (Sauf pour mon porte-monnaie...)
- 2 stabylos ont déjà rendu l'âme (à force de stabyloter tous les documents récoltés au cours de mes recherches à la salle des revues de la bibliothèque...) Au passage, je constate donc que cela coûte cher d'être étudiant....
- des dizaines de pages sur le droit d'ingérence humanitaire, le devoir d'ingérence humanitaire, l'intervention d'humanité, l'intervention humanitaire,... ingurgitées (et pour mes lecteurs effarés qui se poseraient la question : Oui, il y a bel et bien une distinction entre ces différents concepts... !!!!!! )
- un moral au beau fixe
- une passion dévorante pour René Cassin.( d'où le titre évocateur...) Et en fan que je suis, j'ai dévoré le discours de François Mitterrand prononcé en 1987 à l'occasion du transfert des cendres au Panthéon de René Cassin ainsi que la biographie complète de cet éminent Juriste. Certes, c'est un peu hors-sujet mais tellement passionnant...

Aucun symptôme de délire post-mémoire pour l'instant. Pas de fièvre, ni de nausées. Une légère perte d'appétit mais rien de bien alarmant. Ce soir, je vais dormir comme un bébé ;-)
Par Charlotte - Publié dans : mistaattaque
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Vendredi 4 avril 2008
Me voici donc au pied du mur, il me faut choisir. Choisir entre la raison et la passion. Oui il me faut choisir.
Mais entre quoi et quoi me direz-vous ?
Dans deux mois à peine il me faudra remplir mes dossiers de candidature pour postuler au M2 et horreur, malheur, il me faut hiérarchiser mes choix au sein du M2 que je vise.
Je m'explique : je postule pour un master 2 droit public général qui comprend 3 parcours. Il y a un tronc commun mais après il faut choisir sa spécialité. Le Droit Administratif, le Droit Constitutionnel et le Droit Européen me tendent tous 3 les bras... Qui va l'emporter ? Quel sera le résultat des votes ? Quelle spécialité de Droit Public les bloggeurs choisiront-ils par SMS ? ;-)

J'avoue tout. Mon coeur balance entre le Droit Constitutionnel et le Droit Européen. Le droit constitutionnel car j'aime me creuser la tête sur les décisions du Conseil Constitutionnel, sur ses ambiguités jurisprudentielles, sur ses réserves d'interprétation, j'aime étudier les articles de la Constitution et les comparer avec la pratique institutionnelle actuelle. J'aime le Droit constitutionnel.
Mais j'aime aussi le Droit Européen, ses décisions qui prônent le respect des libertés fondamentales, la place de plus en plus prépondérante de la jurisprudence de la CEDH dans les ordres juridiques internes des Etats membres du Conseil de l'Europe. J'aime la rédaction de la Convention, son système plus qu'audacieux et unique dans le Monde. J'aime le Droit Européen.

Alors que faire ? A quelle spécialité attribuer la place n°1 lorsque je vais remplir le formulaire de candidature ?
La réponse dans 2 mois !
Par Charlotte - Publié dans : Orientation
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Dimanche 30 mars 2008
Sueurs nocturnes.

Bouffées de chaleur.

Angoisse persistante.

Perte d'appétit.

Nervosité.

Fébrilité.

Nausées.

Non ce n'est pas la grippe. Il est temps pour moi de rédiger mon rapport de recherche !

Du 7 au 18 avril, pendant que certains effectueront un stage, d'autres ( dont moi ! ) rédigeront un rapport de recherche de 25 pages sur le sujet qu'ils auront défini avec leur directeur de recherche.

L'année dernière, j'avais déjà rédigé un rapport de recherche. Il portait sur "Les facteurs de dégradation de la notion de service public". Cela avait été une véritable révélation. En plus de récolter une super note (j'ai les chevilles qui enflent ;-) ), cela m'avait conforté dans le fait que la recherche était vraiment quelque chose qui me plaisait. C'est passionant car on en apprend toujours plus. Alors qu'avec les cours et les TD, on a tendance à "survoler" de trop une notion ou un concept juridique ; avec un rapport de recherche, on a vraiment le temps de mûrir le sujet. On rend un travail réfléchi, rationnel pour lequel on a épluché des tas d'articles de doctrine et d'ouvrages spécialisés. On en ressort plus cultivé et déjà en soi, c'est une grande chance.
Ce semestre, je me lance dans le Droit Humanitaire. Un domaine que je connais peu. Un challenge supplémentaire à relever... Mais c'est justement cela qui m'attire. J'en profiterais pour approfondir mes connaissances. Mon sujet est le suivant : "Existe t'il une morale Humanitaire ? : Notion et impacts juridiques". Pour l'instant je suis dans les temps. J'ai terminé ma phase de récolte d'informations en bibliothèque. J'ai dépensé une fortune à la photocopieuse de la BU mais j'ai désormais matière pour travailler sur le sujet ;-) J'ai rédigé un plan détaillé de mon rapport. Mon directeur de recherche l'a validé. Je passe donc à la phase d'écriture. Encore une semaine de cours puis je me lance à corps perdu (mais à tête reposée ! ) dans la rédaction de ce rapport.
Pour tout vous avouer, cela m'angoisse. Mais qu'est-ce qui ne me m'angoisse pas ? ;-)
La peur de la page blanche sans doute. La peur de mal faire également, de me tromper, de ne pas être pertinente. De ne pas rendre justice au sujet que j'ai choisi. Mais finalement, c'est cela qui est moteur et qui me pousse à toujours me surpasser et essayer de faire du mieux possible...

Alors souhaitez-moi "Bonne chance" !
Par Charlotte - Publié dans : mistaattaque
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Samedi 15 mars 2008
Bien qu'il ne soit pas dans mes habitudes de vous livrer  mes sentiments sur mes activités quotidiennes, je vais faire une entorse à mon règlement ce soir...

Il me faut tout d'abord planter le décor.

Nous sommes jeudi, début d'après midi. Il est 13 heures. J'ai rendez-vous avec de nouveaux tutorés. Qui s'avèrent être de nouvelles tutoréEs.
Durant le 1er semestre, j'ai pu faire quelques séances de tutorat avec des étudiants de 1ère année, VOLONTAIRES. Ils étaient peu nombreux. En réalité c'était quasiment le désert. Mais ils étaient très motivés et n'hésitaient pas à nous poser de nombreuses questions et à nous faire part de leurs appréhensions. L'ensemble des tuteurs étaient regroupés dans la même salle, ce qui permettait un échange, une mixité des conseils qui est toujours la bienvenue.
Ici, changement de décor. Le tutorat est désormais obligatoire pour tous les étudiants qui ont eu entre 8 et 10,5 de moyenne au 1er semestre. Chaque tuteur a en charge un effectif de 7 étudiants qu'il gère dans une salle particulière. Me voilà donc, à l'horaire prévu, à la porte de ma salle de tutorat, seule. Quelques camarades de promo ont pris la fuite. Par peur de se retrouver seuls avec des  1ères années, ils ont décidé de ne  pas venir. Comme je souhaite être Maître de conférences, je suis rationnelle. Je dois en passer par là. Pour confirmer ma vocation. Me prouver que je suis capable de gérer un petit effectif, de faire quelque chose de bien avec eux, leur apporter un petit plus. Car, si j'ai choisi l'enseignement, c'est parce que j'ai envie de transmettre un savoir, de partager ma passion,... Bref, j'essaye d'arriver assez sereine pour cette épreuve du feu. Je récupère les étudiantes d'une de mes camarades portées disparues. Je me retrouve avec un effectif de 5 étudiantes. Le compte n'y est pas.

Je commence par me présenter. Je leur explique en quelques mots les modalités du tutorat pour ce 2nd semestre : 2 séances obligatoires. Je leur annonce d'emblée que je m'engage, si elles le souhaitent à continuer le tutorat jusqu'à la fin de l'année. En réalité, rien ne me ferait plus plaisir. J'aimerais poursuivre l'aventure jusqu'au bout. Mais je ne me fais pas d'illusions. Ces jeunes filles considèrent le tutorat comme une punition pour ne pas avoir décrocher leur 1er semestre. Elle ne le voient pas comme quelque chose qui peut les aider à corriger les imperfections. 

J'essaye d'identifier leurs problèmes, de comprendre qu'est-ce qui leur a posé difficulté durant la 1ère partie de l'année. Et là, je  suis confrontée à un premier problème : le mutisme absolu. Je pose une question et on ne me répond pas. J'entends mes propres mots résonner dans la salle. Je tente donc une approche biaisée. Je pose des questions par lesquelles elles peuvent répondre par Oui ou par Non. Quelques-unes hochent la tête. Victoire. Je serais au moins arrivée à leur soutirer quelques informations. Je constate que sur les 5 étudiantes qui sont face à moi, 3 sont des redoublantes. A force de persuasion, j'arrive à obtenir un aveu, 2 d'entre elles m'avoue que la cause possible de leur échec serait un manque de travail. 

Je passe le reste de l'heure à leur prodiguer des conseils. Des conseils qui me semblent pertinents. Pertinents selon moi. Mais pour elles ? Comment savoir ? J'essaye de communiquer désespérément, vainement. Une simple question sur la méthodologie me retourne, sans réponse. C'est difficile. Je m'accroche. Mais je le prends comme un échec. Est-ce ma faute  si je ne suis pas arrivée à instaurer un lien de confiance avec mes tutorées ? Vais-je parvenir à effacer l'aspect "sanction" de ce tutorat ? Autant de défis à relever. Il ne me reste plus qu'une séance pour leur donner envie de poursuivre l'aventure avec moi. L'épreuve me semble impossible à remporter. En tout cas, une chose est sure, cette méfiance m'a donné plus que jamais l'envie de les aider. Cela a ravivé ma combativité. Je vais faire de mon mieux. Car celui qui ne veut pas être aidé, ne le sera pas. Mais si, avec un peu d'insistance, j'arrive à obtenir un quelconque résultat, ce sera déjà ça. L'ennui c'est que je manque de temps. Mais pas d'acharnement.

Il a été convenu après de nombreux tatonnements, que la semaine prochaine, chacune apporterait un travail qui lui a posé difficulté au cours de la semaine : une dissertation, un commentaire d'arrêt, un commentaire de texte,... et que nous essayerons d'identifier les difficultés de chacune.

En fin d'heure,  un miracle se produit. Même si le procédé est un peu agressif, l'une d'entre elles me pose une question. La réponse que je lui apporte semble ne lui convenir qu'à moitié. Je lui demande de m'apporter un exemple, la semaine prochaine, afin de rendre les choses plus concrètes.
Ce qui me pose souci également, c'est qu'aucune d'entre elles n'était venue dans l'idée d'en retirer un quelconque bénéfice. C'était juste "obligatoire" pour elles.

Comme pour détendre l'atmosphere, juste avant qu'elles partent, je leur glisse un : "Je ne mords pas". Une esquisse de sourire se dessine sur quelques visages.

Auraient-elles compris que j'ai autant la trouille qu'elles de mal faire ?
Par Charlotte - Publié dans : mistaattaque
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Dimanche 9 mars 2008
La chaîne démarrée sur les blogs de Frédéric Rolin, Maître Eolas, GroM ou Erasoft se poursuit....

Le plus difficile c'est de choisir seulement 6 choses insignifiantes parmi la multitude qui me caractérise ! 

1/ A 5 ans,  lors de mon entrée au CP, j'ai dit à mes parents que je ne saurais jamais lire, à 1O ans, lors de mon entrée au collège, j'ai affirmé que je n'aurais jamais mon brevet, à 14 ans, lors de mon entrée au lycée, j'ai prétendu que je n'aurais jamais mon bac et à 17 ans, lors de mon entrée à la faculté, je leur ai  assuré que jamais au grand jamais je ne décrocherais un semestre.  Je suis une très mauvaise médium !

2/ J'ai hésité longuement entre le Droit et la Médecine. Mais je n'avais pas les capacités suffisantes pour faire des études de Médecine, j'ai donc choisi le Droit...

3/ Je voulais être Procureur de la République en 1ère année. Passé mon 1er cours de Droit constitutionnel, j'étais moins catégorique. C'est lors de ma découverte du Droit Administratif que j'ai compris que je serais publiciste.

4/ J'envisage de faire un double cursus l'année prochaine. Affaire à suivre...

5/ J'étais très active dans mon ancien lycée. Secrétaire du Conseil de Vie lycéenne, déléguée de classe ; j'ai également organisé une action caritative pour récolter des fonds pour les sans-abris. Elle a tellement bien marché que cela a permis à 20 sans-abris d'améliorer leurs conditions de vie.

6/ Une carrière politique en parralèle de mon activité de Maître de conférences ne me déplairait pas. Dès l'âge de 13 ans, je m'intéressais déjà fortement à la politique et j'étais incollable sur les Présidents de la Vème République et leurs gouvernements respectifs. Récemment, j'ai même été approchée pour faire partie d'une liste pour les élections municipales. J'ai refusé car je me laisse encore le temps de la réflexion...


Voilà donc quelques éléments qui vont vous permettre de mieux me cerner et me comprendre !  (comme si j'étais quelqu'un de complexe ! )

Puisque déjà beaucoup de personnes ont répondu  à cette invitation, il ne  me reste plus grand-monde à qui faire passer la chaîne.

Je me contenterais donc de la faire passer à Mélanie avec son excellent blog : leblogdemelanie.over-blog.com

J'attends vos commentaires nombreux ! (et cyniques ;-) )
Par Charlotte - Publié dans : mistaattaque
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Samedi 8 mars 2008
Je ne pourrais ni dire "Jeu, set et match", ni "échec et mat". ;-)
Bien sûr il y a la frustration de ne pas avoir donné le meilleur de soi-même et bien sûr il y a la déception de ne pas avoir su être prête à l'instant T pour répondre à la rafale de questions du jury. Mais deux enseignements concernant ce concours : 

- Premièrement je ne serais jamais avocate. J'aspire à devenir une meilleure enseignante qu'avocate ;-)

-Deuxièmement, je ne présenterais plus le Concours de plaidoiries. J'ai un peu le sentiment que c'était "l'édition de trop". Un sentiment de culpabilité m'a envahi lorsque les candidats qui s'étaient présentés aux éliminatoires, sont venus nous encourager pour la finale.  Un peu le sentiment de ne pas être à ma place, de ne plus être à ma place. Il faut laisser l'espace pour du sang neuf. Etre réaliste et savoir abandonner au bon moment. Reconnaître qu'il y a des domaines pour lesquels nous ne sommes pas compétents et pour lesquels nous ne le serons jamais... C'est peut-être cela le plus difficile... Mais passé le temps de l'introspection,  cela me laisse un  sentiment de soulagement : je n'aurais plus jamais à me stresser pour rédiger une plaidoirie et la soutenir... :-D

Après ces quelques premières remarques, je vous laisse savourer comment s'est déroulé la journée....

8h40 : J'arrive au Palais de Justice de Nîmes par l'entrée principale, et me dirige vers la Cour d'Assises sans hésitation. Je connais l'endroit pour y avoir déjà plaidé l'an dernier.  A l'entrée, 3 ex-camarades de 3ème année sont là. On papote un peu. J'entre alors dans la salle de torture et me dirige à l'endroit où le petit déjeuner est installé. Les membres de l'Association Paul-Emile Goguillot sont tous présents et quelques personnes du public partagent ce 1er repas de la journée :  des malheureux candidats qui n'ont pas passé le cap des éliminatoires. Un petit pincement au coeur pour eux. Ils me sourient, sont jovials. C'est difficile. Ils étaient tous tellement bons... Je ne peux rien avaler. Pas même un café. J'ai froid. Quelques candidats affluent vers la table du petit déjeuner. Les sourires sont crispés et les conversations tendues. La pression monte insidieusement. Une amie à moi me rejoint. Son flux positif envahit la salle.

9h10 : Tous regroupés dans la Cour d'Assises, la Présidente de l'Association prononce un discours d'introduction puis nous procédons au tirage au sort des sujets. Soupir de soulagement. Je ne suis pas la première. Toutefois, mon binôme passe en milieu de matinée. J'essaye de profiter au maximum de ce "répit" pour profiter de la plaidoirie de mon camarade de M1 Thomas. Quelques tremblements et hésitations plus tard, Thomas parvient à s'installer. Il avance ses arguments avec style. 30 minutes plus tard, c'est au tour de la partie adverse de prendre la parole et de convaincre les membres du jury que le téléchargement illégal de fichiers musicaux porte atteinte aux Droits d'auteur. Une fois leurs plaidoiries terminées, les candidats sont passés "au grill". Le jury leur pose différentes questions. Thomas et Olivier tentent d'y répondre avec le plus de discernement et de clarté possible. Une drôle d'ambiance règne au sein des candidats assis de part et d'autre de la salle. Nous prenons la température. On essaye de "percer à jour" les intentions du jury, de comprendre leur "fonctionnement", comme s'ils étaient des bêtes curieuses. ;-) 
L'une des membres de l'association nous octroie dix minutes de pause. De mon côté, je tente de rassurer mon camarade. Il fait la moue. Perfectionniste, il a le sentiment de ne pas avoir donné le meilleur de lui-même. Je peux le comprendre, je suis de la même "trempe". Rien de plus frustrant que d'avoir la sensation d'avoir été à mi-chemin de ses facultés. Puis je vais rejoindre mes proches. C'est bientôt mon tour. Un de mes enseignants M. Rolland fait irruption dans la Cour d'Assises et vient me souhaiter bon courage. Il est pressé et ne pourra pas assister aux plaidoiries mais il tenait à me soutenir. Je suis touchée. Quelques paroles échangées avec différents inconnus. L'heure suivante sera la mienne, ou ne sera pas... J'encourage mon adversaire qui fait triste mine. La sonnerie retentit et le "jeu" peut recommencer.

11h00: L'une des membres de l'Association annonce le cas pratique suivant. Je me lance dans l'arène. Je suis demandeur dans l'affaire. 20 minutes, c'est le temps qu'aura duré ma plaidoirie. Pourtant j'ai eu l'impression que le temps s'était soudain accéléré. Quelques visages fermés dans le Jury. D'autres me donnent l'impression d'être perplexes. D'autres encore hochent la tête et affichent un léger sourire. Je tente de me "maîtriser".
C'est alors au tour de mon adversaire. Elle s'élance à la "barre". Paralysée par la peur, je la vois trembler de tous ses membres. Je la fixe avec attention. Elle enchaîne de très bon arguments. Puis le temps des questions est venu. Je devrais plutôt dire le temps de la torture ;-) Les questions sont précises, le vocabulaire choisi et les attentes énormes. Je ne suis pas à la hauteur. Dépassée par une question du Président du Jury, le sol se dérobe sous mes pieds. Je ne comprends pas le but de sa question, je ne comprends pas ce qu'il attend de ma réponse. Il me donne du fil à retordre. Je baisse les bras. Je sais alors que c'est terminé pour moi. Ma consoeur a droit également à une salve de questions. Les membres du Jury ne "s'acharnent" pas sur elle.
C'est ainsi que s'achève cette matinée riche en rebondissements, en jeux de mots et en proverbes latins.
Rendez-vous est pris pour la suite des "hostilités" à 14h30.

Après quelques hésitations, mes proches, un des candidats et moi, nous filons nous rassasier dans un petit restaurant sympa de la Coupole à Nîmes. Les assiettes sont rapidement vidées, sauf la mienne. Je picore... Encore ce noeud à l'estomac qui me taraude. Les discussions sont vives et animées. Mais nous parlons peu de cette matinée. C'est presque un tabou, un accord tacite entre nous. Ne pas en parler. Le temps est comme suspendu pendant le repas. Une bulle d'oxygène. En sortant du restaurant, on prend le temps de se ballader un peu. On admire l'archtecture de la Maison Carrée. C'est comme si la matinée était effacée de la mémoire collective. Mais très vite, la réalité nous rattrappe. Ils nous faut rejoindre le Palais de Justice.

14h00 : A l'entrée principale, quelques personnes présentes dans le public sont déjà là. Elles se mêlent à nos conversations. Puis nous rejoignons la salle des supplices. On enfile nos robes d'avocats respectives. Elles nous aident à entrer dans la peau du "personnage". Les membres du Jury pénètrent dans la salle. C'est le signal. Nous allons reprendre d'ici peu. Les derniers conseils fusent "N'oublies pas de te présenter devant le Jury", "Ne dépasses pas le temps limite..."

14h30 : Puis la sonnerie retentit à nouveau, cette maudite sonnerie. Quelques clichés plus tard, les plaidoiries reprennent. Un candidat de L1 se lance dans la bataille. Je suis impréssionnée par sa performance. Sans aucune connaissance en Droit Pénal, ni en Droit Administratif, il parvient pourtant à tirer son épingle du jeu. Il peut être fier de lui. Je n'aurais jamais réussi à faire une telle prestation lors de ma 1ère année. Il ira loin, j'en suis sûre. Vient alors le tour de son adversaire. Posée, sereine, elle avance ses arguments, un par un. Son discours est clair, ses arguments convaincants. Les questions du Jury ne la déstabilisent pas le moins du monde. Elle tente de démontrer pourquoi il est légitime qu'un potentiel récidiviste se voit infliger une peine de rétention de sûreté.
Enfin, le dernier binôme intervient. Le couple infernal, la "paire" (et la perle) rare. Ces deux candidats valeureux s'affrontent lors de joutes verbales de haute voltige. On assiste à des prestations orales de grande qualité. Le jury s'acharne, les poussent dans leurs derniers retranchements. On pourrait presque ressentir la moiteur de leurs mains à distance, et entendre le palpitement de leurs coeurs.
Le Président du Jury clôt alors les plaidoiries. La Présidente de l'Association nous félicite pour nos "brillantes prestations". Nous devons laisser le Jury délibérer. Les résultats seront proclamés dans une heure.

Le Public se disperse. Nous décidons d'aller prendre un café. On chahute, on rit, on se détend. Ca sent la fin de la torture... ;-)

18h00 : Puis l'heure est venue de retourner auprès des autres candidats pour connaître le verdict final.

A la demande de la Présidente, les candidats s'installent sur les 2 premiers rangs. Je fuis le regard des membres du Jury. J'ai comme un sentiment de "honte" face à eux. Je fixe donc mon attention sur le discours de la Présidente. Les autres candidats n'en mènent pas large non plus. Puis M.Doria, biographe de Paul-Emile Goguillot, prend la parole. D'anecdotes amusantes en anecdotes amusantes, il détend l'atmosphère. Le public est entassé au fond de la salle, par manque de places assises. 
Maître Fontaine saisit alors le micro et rend un vibrant hommage aux candidats. Je me sens mal à l'aise. Je ne me sens pas concernée par cet hommage. J'en suis "orpheline".
Il prononce alors la liste des lauréats. Sans aucune surprise. Les plus méritants sont sur le podium. J'adresse aux candidats un sourire radieux. J'espère que d'apprenti avocat, ils deviendront avocats purs et durs. ;-)

Le coup d'envoi est lancé. Tout le monde se rue sur le buffet. On boit, on discute. On console, on félicite, on rassure. On rit, on décompresse, on se détend. Les membres du jury font un "tour d'honneur" et félicitent un par un les finalistes. Ils s'entretiennent plus longuement avec les lauréats, s'intéressent à leurs aspirations. Un brouhaha incessant emplit la salle. Peu à peu, la fatigue émerge. Les gens commencent à se disperser. Je tente en vain de m'eclipser. A plusieurs reprises, on me retient. Puis, c'est enfin le départ. Je sors du Palais de Justice, accompagnée d'une amie. On rejoint ma voiture. Je la raccompagne puis rentre chez moi.

Cette journée aura été éprouvante. Elle aura également été riche. J'aurais appris de nombreuses choses : l'humilité, le respect, le goût de l'effort,...
J'aimerais pour conclure adresser un grand merci, aux membres de l'Association Paul-Emile Goguillot, aux membres du Jury, aux personnes du public qui nous ont formidablement soutenu et à tous ceux, qui ont de près ou de loin, contribué à ce que cette journée se déroule aussi bien. J'espère que chacun aura apprécié, autant que je l'ai apprécié, ce 7 mars 2008.
Par Charlotte - Publié dans : mistaattaque
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